Contrat avec moi-même

Ma charte d'usage de l'IA

Pour rester serein, continuer à me développer et prendre le virage sans me perdre.

Rappels

C'est moi qui utilise l'IA, pas l'inverse.

C'est mon outil, mon assistant. Il n'a aucune volonté propre. Il ne fera jamais ce que je lui interdis. Il n'est pas autonome. Je garde le contrôle absolu de l'utilisation que j'en fais.

L'IA n'est pas qu'un "fais ceci".

Je peux lui poser autant de questions que je veux avant de lui demander quoi que ce soit.

Creuser un point sous dix angles, lui demander de reformuler, d'expliquer autrement, de comparer.

Interroger d'abord, produire ensuite : souvent, les questions suffisent.

Je suis l'auteur de mon code. L'IA est mon correcteur, ou mon tuteur.

Mon code porte ma signature. L'IA m'assiste : c'est moi qui conçois, qui tranche, qui décide, qui assume.

Avant chaque tâche : apprentissage ou production ?

Si j'apprends : je le fais à la main, l'IA vient après.

Si je livre quelque chose que je sais déjà faire : j'ai la possibilité de le déléguer.

Ne pas confondre les deux — et les deux peuvent vivre ensemble.

Le virage IA est réel. Je le prends. Mais l'IA ne remplacera jamais mes compétences : à condition que je les développe.

L'IA fait partie du paysage, autant m'en servir. Ce qu'elle ne fera pas à ma place : comprendre le problème, juger si la solution tient, concevoir juste. C'est là qu'est ma valeur, et elle se travaille.

Certains contextes m'imposeront du tout-IA, parfois hors de cette charte.

C'est le contexte qui l'exige, pas moi. Je n'ai pas à culpabiliser de ça. Mais un contexte reste un contexte. En dehors, personne ne m'oblige à coder comme ça. Ma charte reste mon accord avec moi-même.

Mes engagements

Jamais valider ni merger du code que je ne comprends pas.

Si je ne peux pas l'expliquer, le défendre, le débugger : il ne porte pas mon nom.

Du code que je ne comprends pas, c'est de la dette : un bug que je ne saurai pas corriger, une faille que je ne verrai pas venir.

Le nouveau, je l'écris d'abord moi-même.

La difficulté, c'est le mécanisme d'apprentissage : pas un obstacle à contourner.

J'écris, je bloque, je cherche. Ensuite seulement l'IA critique, compare, propose mieux.

Je peux lui demander des exemples pendant que j'écris. Mais je ne recopie pas : je comprends, puis je réécris à ma main.

Test de l'ennui.

Si l'IA m'ennuie sur une tâche, ce n'est pas de la fainéantise : c'est un signal.

Ça veut dire que cette tâche m'apprend quelque chose, ou que j'aurais du plaisir à la résoudre : je la fais à la main.

C'est exactement le plaisir qui m'a fait aimer ce métier.

Garder du HORS-IA

Des sessions régulières où je code seul, sans assistance. Pour garder le réflexe de chercher par moi-même, la mémoire du code, la capacité à démarrer d'une page blanche.

Une compétence qu'on n'entretient pas s'affaiblit. Ce n'est pas une contrainte, c'est de l'entretien.

Et souvent le moment où je retrouve le plaisir de résoudre.

M'autoriser du FULL-IA

Sans culpabilité, quand :

  • Je maîtrise déjà la tâche et qu'elle est fastidieuse : boilerplate, config répétitive, regex, transformations de données.
  • Je veux dégrossir un concept nouveau avant d'aller vérifier à la source.
  • Le contexte l'impose.

Dans ces cas, je délègue franchement : l'IA est faite pour ça, et m'en priver serait bête.

Une seule règle qui ne bouge pas : je relis toujours la sortie.

Exemples où l'IA a toute sa place

Des domaines où je m'autorise à l'utiliser sans trop de réserve, parce que je décide de ne pas en faire mon cœur de métier.

Le maquettage et le visuel.

J'aime le design élégant, mais je ne suis pas designer UX/UI, et je l'assume. L'IA m'aide à sortir des maquettes et des ébauches d'artefacts plus vite et plus propres que je ne le ferais seul.

La veille et la découverte.

Bonnes pratiques, nouveaux outils, librairies, documentation : j'exprime mon besoin en français, l'IA me propose des pistes et je vais les explorer ensuite. Je gagne le temps de la recherche, sans sauter l'étape de découverte.

Le responsive.

Des patterns bien établis et répétitifs. L'IA me fait gagner du temps sur la mise en place, sans que ça entame ma compréhension.

La relecture de forme.

Fautes de syntaxe, orthographe, formulation : je m'appuie sur l'IA pour nettoyer, parce que l'écrit n'est pas toujours mon fort et que ça me débloque.

La relecture de la logique.

J'accepte que l'IA me propose une façon plus simple ou plus propre de gérer tel ou tel cas.

Mais je la réécris moi-même plutôt que de la copier : c'est en la posant de ma main que je comprends la meilleure pratique et que je me l'approprie.

Mon garde-fou

J'accepte d'aller moins vite, pas de travailler à l'aveugle.

Déléguer n'est pas le problème : perdre le fil, si.

Tant que je peux expliquer et rendre compte de mon code en fin de journée, j'ai bien fait mon travail, IA ou pas. Le jour où je ne le peux plus, la limite est franchie.